DU TISSAGE DES FORMES

AUX ENTRELACS DE LA VIE


 
 



Première Partie


DU FIL DE LA VIE

AU TISSAGE DE TOUTES CHOSES





 

Introduction
 

L'Onde de Vie
 

Les Vibrations de la Vie
 

De la Spirale au Labyrinthe
 

Le Labyrinthe des Entrailles
 

Le Fil du Destin
 

L'Art du Tissage
 

La Mise en Forme
 

Le Tissage Cosmique
 

Postface



 

Deuxième Partie





AU FIL DES ENTRELACS


 

Liminaire
 

Ligne et Entrelacs
 

L'Ecriture
 

Les Entrelacs de Fil
 

Harmonie ou Imbroglio
 

La Magie des Noeuds
 

Dénouement des liens
 

Le Sens des Entrelacs
 

Références


 Par Robert Régor Mougeot

robert-regor.mougeot@worldonline . fr
          (polycopiés sur demande)
 




Le tissage de notre vie

par Joshin Luce Bachoux


             "C’est une ancienne légende indienne, celle du tissage de notre vie. Tout ce que nous vivons, éprouvons, rencontrons, forme la trame de notre existence. Dieu tisse le filet et y inclut toute la création.

             Dans notre tissage, il y a l’éclat du soleil, et l’argent de la lune, les couleurs de l’arc-en-ciel, et le noir de la tristesse et le blanc de la pure joie. Quand nous nous tournons vers Lui, il nous montre cette tapisserie : nous pouvons y voir les motifs qui s’entrecroisent et se répondent, motifs de fête et motifs de chagrin ; passages sombres des mille instants de peine, joies qui traversent le dessin, comme un éclair dans un ciel d’été ; et les cailloux et les rivières, et les nuits et les jours, marées de nos vies.

            Cette tapisserie n’est jamais terminée. Nous en déchiffrons le mouvement imperceptible : comme le friselis de l’eau d’un lac, comme le passage insensible du bouton à la fleur, le travail de Dieu la transforme sans cesse. Ne la vit pas celui qui, orgueilleux, se ferme à la beauté du monde. Malheur à lui : la tapisserie devient de plus en plus lourde à porter, nul ne peut en alléger le poids, ni Dieu, ni ami, ni amour. Il marche, tête courbée, épaules voûtées, regard tourné vers le sol.

            Mais ceux qui ont le cœur pur, ceux qui laissent chaque instant les transformer, ceux qui disent oui aux cadeaux du monde… pour ceux-là, Dieu tisse dans le tissu le plus fin, le plus impalpable, tissu d’amour, tissu de don. Il y entre mille brins d’herbe dont la rosée rafraîchit les jours trop lourds, mille aubes pour éclairer les instants de nuit profonde, mille gouttelettes de pluie irisées et mille sourires pour nous accompagner quand le chemin est trop abrupt.

           Quant à celui qui, les pieds pris dans la boue, refuse le pardon du monde… Ah ! pour lui, Dieu ne peut rien, car son cœur est fermé au chuchotement de l’amour. Et ils disent encore, ces Indiens qui respirent l’air pur des hautes montagnes, que celui qui n’entend pas Dieu ne voit pas non plus les couleurs qui réjouissent les yeux, l’or du maïs, morceau de soleil, le rouge de la terre, couleur de notre propre sang, ni les toutes petites plumes blanches qui entourent les yeux des aigles à leur naissance, il n’entend pas les cris joyeux des enfants, ni le chant des hauts plateaux. Ah ! Pitié pour lui ! Qu’est-ce qu’une vie où l’on est seul, seul dans sa tristesse et seul dans sa joie ? Puis, dans sa sagesse, Dieu entremêle notre tapisserie à celles de tous les autres. Celles des Anciens, eux dont les vies ont poussé dans la terre sèche et pauvre, frayant un chemin à nos propres vies, avec les vies de ceux qui nous accompagnent, ceux dont la bouche est tout miel, et ceux qui sifflent comme des serpents. Enfin – et qui pourrait faire cela si ce n’est Lui qui, dans le grain, connaît déjà l’épi de maïs – Il croise et recroise les fils avec tous ceux qui viendront, enfants nés de cette terre, enfants nés de Son amour…

            Et sur ces hauts plateaux où, l’hiver, le gel fait craquer les os et les pierres, les femmes et les hommes aux cheveux noirs et aux yeux bridés, calmes et lents, marchent dans la lumière, mille pas qui tissent la trame du monde, mille gestes qui disent respect et grâce.

            Regardez ! Cela chatoie sous nos yeux à chaque instant."

 

                              Journal « La Vie » du 29 janvier 2004.



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