DU TISSAGE DES FORMES
 
AUX ENTRELACS DE LA VIE
 
 
 
Chapitre IV

 
DU LABYRINTHE DES ENTRAILLES À CELUI DU BARDO



Pourquoi le labyrinthe crétois était-il dessiné devant l'antre de la Sibylle de Cumes ? Ne l'appelait-on pas « la Porte de Cumes », la porte d'entrée de la Caverne par laquelle le futur initié pénétrait dans les entrailles de la terre pour en ressortir transformé ? Combien de fois nous faut-il mourir à nous-mêmes, au sens propre comme au figuré ?
Le Hadith du Prophète « Mourez avant que de mourir » a son équivalent dans toutes les traditions authentiques. Pénétrer, à la suite du Mahomet, de Milarepa, de saint Roch (1) et de tant d'autres, dans la Caverne souterraine, dans l'Antre de la Vouivre, dans la Grotte de sous-terre, dans la crypte de la Vierge Noire, c'est descendre dans la profondeur des entrailles de la Terre-Mère et par là, dans les profondeurs de sa terre, dans les méandres de son propre labyrinthe intérieur.
La vie de l'humain que nous sommes n'a-t-elle pas, en un premier temps, son siège au fond de nos entrailles, lieu de tous les désirs et de toutes les peurs viscérales, centre de toutes nos voracités. Qui n'a jamais eu « la peur au ventre » ? Au contraire, avoir du courage, n'est-ce pas vulgairement « avoir des tripes » ou bien encore « avoir du cœur au ventre » ?
Quel est le labyrinthe par excellence ? « Ce labyrinthe est l'intestin (2) ».
La plus vieille représentation de la spirale est sans nul doute celle des intestins humains ou animaux dont la similitude avec le serpent est manifeste. Les Aruspices romains inspectaient les entrailles des victimes sacrifiées pour interpréter la volonté des dieux. Plus anciennement encore, les mésopotamiens consultaient le miroir des entrailles d'un animal sacrifié avant la fondation d'une ville.

 
 
 
 
 


Le labyrinthe des entrailles : tablette pour haruspices. Babylone.
 
 
 

Pour les Mélinas, peuplade primitive de Madagascar qui n'a aucun interdit d'ordre sexuel, toute pensée est imagée par la nourriture, par le repas et de nombreux tabous entourent uniquement la nourriture.
Les Canaques de Nouvelle Calédonie placent le siège de la pensée dans le ventre. Dans un français imagé, ne dit-on pas encore de quelqu'un de « primaire » qu'il « pense avec ses tripes » ?
La maîtrise des émotions, des désirs et des peurs est le but de maintes disciplines traditionnelles et il est demandé en alchimie de descendre dans sa matière en putréfaction, dans les entrailles de sa terre, lieu essentiel de transformation, « pour y trouver la Pierre cachée (3) ». « Percez l'intérieur de la Terre. Pénétrez dans ses entrailles et, en rectifiant, vous trouverez, dit l'adage alchimique. En rectifiant.(4) »
Une ancienne légende chinoise rapporte que l'empereur Yang, succédant à l'empereur Yin, ordonna à son architecte Lao d'édifier le plus formidable labyrinthe jamais construit. « Dans sept ans, je veux le voir devant moi, dressé sur la plaine. Je partirai à sa conquête. Si j'en découvre le centre, tu seras décapité. Si je m'y perds, tu régneras sur l'empire. » Durant ces sept années, Lao écrivit l'histoire de la vie de l'empereur et lui dit : « Quand tu en auras trouvé le centre, tu pourras abattre ton sabre sur mon cou. » Qui peut démêler l'écheveau et trouver le centre de sa propre vie, le centre de son labyrinthe intérieur ?
Pour cela, ne s'agit-il pas en effet d'annihiler en nous la contre-nature d'un monde émotionnel dévié ? « “L'émotion de Dieu”, l'Energie émotionnelle de Dieu est changée, avec la nature déviée, en sentiment émotionnel toujours en conflit » « et vouloir mourir à cette nature impure comporte l'épuration stricte du plan astral ; c'est œuvrer pour annihiler le labyrinthe émotionnel dévié du Terrien qui le conduit à la maladie, la dégénérescence, la folie, la mort sans rémission...(5) »
Le labyrinthe image notre propre cheminement ; il est peuplé de nos angoisses subconscientes qui nous rongent et nous tuent. Jorge Luis Borgès s'est perdu dans le labyrinthe de l'imaginaire, Octavio Paz décrit Le Labyrinthe de la solitude. Et que dire de « l'angoissant labyrinthe de l'histoire » ? Histoire personnelle, histoire collective, fantasmes individuels ou partagés avec ceux de sa race... Illusoires sont les apparences, créations du mental comme le sont le corps, ses sensations et ses perceptions. « Tant de désirs, tant de passions, tant de souffrances qui ont été refoulés jusqu'au tréfonds de vous-mêmes, gisent dans ce labyrinthe, gémissent, hurlent et continuellement renvoient leurs images et vous troublent dans votre physique, mais votre physique, c'est-à-dire votre état visible, ignore ce qui se passe et croit souvent “être malade”...(6) »
N'est-ce pas là notre propre enfer ? Quelle en est la sortie ?
Un conte japonais nous dit « que seulement trois sages s'en sauvèrent après avoir couru ses labyrinthes. Mais en vérité personne ne parvint à savoir quel chemin ils avaient suivi (...) Parce que le premier était devenu fou, le deuxième avait perdu la vue et le troisième, aux mille questions qui lui furent posées, répondit qu'il s'était trouvé lui-même. (7) » Le Centre ultime n'est-il pas Nous, même !
Le cheminement intérieur ne doit-il pas se faire en correspondance, en symbiose avec le cheminement extérieur et inversement ?
Se connaître n'est-il pas le seul et simple but ?
De l'Intériorité, Point source au tréfonds de l'être, naît l'intérieur comme l'extérieur de la même façon que la Lumière noire précède la séparation de la lumière et des ténèbres. La Connaissance, c'est-à-dire ici le Fil d'Ariane, est nécessaire ; elle « vous amènera à cette Simplicité et vous pourrez alors pénétrer dans le labyrinthe de votre subconscient où tant de portes sont ouvertes ou fermées sans que vous sachiez ni pourquoi, ni comment.
Ainsi vous pourrez parcourir ce labyrinthe et avoir la connaissance du pourquoi de cette porte fermée qui, peut-être devrait être ouverte, ou de cette porte ouverte qui, peut-être, devrait être fermée..., du pourquoi de l'obscurité et de cette étrange angoisse qui vous étreint lorsque vous essayez de regarder dans ces sentiers obscurs...(8) »

Certains situent le centre de l'homme dans le Manipura chakra ou Hara, deux pouces au-dessous du nombril, en quelque sorte le centre du labyrinthe intestinal. C'est le centre énergétique par excellence, celui de la densité, le centre de gravité du corps. « L'homme qui possède le Hara a retrouvé le chemin de son centre originel et est capable d'en témoigner.(9) ».
N'a-t-il pas alors vaincu le démon-entrailles Humbaba comme le fit jadis Gilgamesh, héros de l'antique épopée sumérienne ?
 
 
 
 


Masque de Humbaba, le démon-entrailles.
 
 

Le combat de Thésée contre le Minotaure est semblable en effet à celui de Gilgamesh contre le démon-entrailles Humbaba dont les mâchoires sont « la mort elle-même (10) ». Ce combat est analogue à la descente aux enfers que décrit Dante dans la Divine Comédie.
Celui qui n'est pas vainqueur du Minotaure et qui connaît la mort se trouve alors dans un au-delà très souvent représenté comme un autre labyrinthe, la continuation de celui qu'il a quitté, l'autre côté de la terre.
Lorsque s'ouvre la porte de la mort et que le souffle se retire du véhicule corps physique, « celui qui est passé de l'autre côté », selon l'expression employée en Nengoné (11) pour parler du mort, suit la « Claire Lumière (12) » libératrice du cycle des renaissances et des morts.
Ou bien il suit durant sept fois sept jours un labyrinthe que décrit le Bardo Thödol, expression signifiant : « Libération par entendement dans le plan suivant la mort (13)». Il rencontre alors les déités tour à tour paisibles et courroucées : ce sont les projections de ses désirs et de ses peurs subconscientes, le contenu de sa conscience ainsi visualisé, les réflexions de ses propres formes-pensées.
Les chants traditionnels des Iles Bahamas, les Negros Rhyming Spirituals, ne disent pas autre chose et parlent de la nécessité pour l'âme du mort d'atteindre « la lumière du matin » comme le dit entre autres la chanson "Je vois Marie et Joseph" (12). « La possibilité de Mort t'accorde la possibilité de Connaissance symbolisée par la lumière du matin, la claire lumière, car la possibilité de Connaissance ne peut se concevoir qu'en la Mort.
Pourquoi ? Parce que la Mouvance a un commencement et une fin en apparence que les humains nomment la Mort.(14) ».
De toute façon, la mort n'est pas rupture, mais passage et le principe de vie qui animait le corps charnel continue son périple, comme la flamme qui passe d'une bougie à une autre et qui n'est ni la même flamme, ni une autre flamme. Le périple dans cet au-delà, lorsqu'il ne permet pas la Libération, aboutit à un nouveau réincarnement puisque le désir mental crée un nouveau corps physique, charnel.
La spirale représente parfaitement , selon le beau titre du livre de Jill Purce, ce « Voyage itinérant de l'âme ». Cela a été ainsi de tout temps et pour tous les peuples comme l'écrit Marcel Brion : « Je crois que dans toutes les civilisations primitives dans lesquelles on la rencontre, depuis le Cap Nord jusqu'au Cap de Bonne Espérance, et dans maintes civilisations d'Amérique et d'Asie, voire aussi de Polynésie, la spirale représente le voyage qu'accomplit l'âme du défunt, après sa mort, et jusqu'à sa destination finale.(15) » Mais ce voyage ne se limite pas au devenir suivant la mort physique, il commence dès la sortie du non-manifesté et ne se termine qu'une fois la révolution terminée, au Point initial, but de toute Initiation véritable.
Chaque nuit, tous les peuples primitifs le savent, l'âme temporelle qui est encore une forme, même si celle-ci est beaucoup moins grossière que celle du corps physique, quitte le corps endormi pour vivre ce que l'on nomme les rêves. Mais ce corps de rêve, ce corps astral, ne peut que revenir dans le corps physique, pour que l'expérimentation de la matière lourde puisse continuer jusqu'à son terme. Citons un exemple de cette connaissance, parmi tant d'autres possibles. « Les indigènes des îles Salomon disent : “Quand tu dors, il y a quelque chose qui sort de ta tête pour y entrer dès que tu te réveilles. ” “Nos rêves nous sont envoyés par ceux qui sont morts avant nous” “Dans les rêves, nous allons rejoindre ceux qui sont morts avant nous”.(16) »
La voie ancestrale nous relie par une chaîne ininterrompue aux premiers humains du quatrième règne de la création et, à travers eux, aux règnes qui l'ont précédé. « Accroché au fil de la vie, la personne est raccordée à la Force originelle et à toutes les créatures, en passant par tous ceux qui l'ont précédée, et en se projetant dans tous ceux qui viendront, en accord avec la nature environnante et les entités spirituelles invisibles.(17) » Pour les Indiens péruviens comme pour tous les hommes primitifs : « Les plantes, les animaux et même les pierres sont des êtres vivants.(18) » Ils forment la chaîne continue de la vie.
Le Tout unique est tissé de tous les vivants et de tous les morts.
Cette réalité est perçue avec une grande acuité par les africains comme le montre par exemple cette Demande de protection aux ancêtres, traditionnelle au Zaïre :
« Ô ! Ancêtres, hommes innombrables !
 
Habitants des roches et des gouffres !
Possesseurs du kaolin blanc,
Ô vous qui peuplez l'Au-delà !
Surgissez de toute part, réunissez-vous !
Venez manger les noix de kola,
Du poivre et du sel que nous vous offrons !
Sortez et réunissez-vous,
Ô vous qui peuplez l'Au-delà.(19) »
Il en est ainsi pour de nombreux peuples, sinon pour tous.
Que devient le mort pour les anciens aborigènes de l'Ile de Pâques ? « L'au-delà vers lequel il retourne s'appelle le Po, le royaume de la nuit. L'Océan Originel se situe au soleil couchant. Les défunts sont déposés dans des pirogues funéraires, puis dirigés vers le Po, à la pointe ouest de l'île. Des chants accompagnent ce “voyage-retour” vers la Terre d'Autrefois. Franchir l'invisible pour y découvrir un autre niveau d'existence, telle fut leur expérience façonnée par des siècles d'exploration de l'infini. Le culte des Ancêtres est un véritable dialogue avec le souvenir. Derrière l'horizon ne règne ni un gouffre, ni une solitude : règnent les Ancêtres, les dieux, une Mémoire.(20) »
Cet autre monde n'est pas clos, tous les Chamans le savent. La machi, la chamane des indiens Mapuche du Chili, dans son vol céleste, déchiffre les mystères du Canelo, de l'arbre magique, et chante :
« Je suis une jeune fraîche rosée,
 
je suis la femme de l'aube,
je suis la femme du jour,
je suis la femme de l'esprit...
Parce que, du royaume des morts,
je peux entrer et revenir. (21) »
Chez beaucoup de peuples anciens, la mort n'est pas vue comme un malheur, mais comme un passage naturel, obligé. Dans les rêves des Aborigènes d'Australie, « les squelettes sont heureux. Pourvu qu'ils peignent et qu'ils voyagent.(22) »
Les habitants de l'île de Malekula au Vanuatu, anciennement les Nouvelles Hébrides, traversent après leur mort un pays nommé Wies. « A un certain point sur leur chemin, ils rencontrent un rocher (...) Toujours assis à côté du rocher, se trouve un fantôme femelle Temes Savsap, et sur le sol en face d'elle est dessinée la figure géométrique complète nommée nahal. Le chemin que le spectre doit traverser se trouve entre les deux moitiés de la figure.
(...) Lorsque chaque spectre arrive sur la route, le fantôme gardien se presse d'effacer une moitié de la figure.(22) » Ou bien le mort connaît la figure, complète la moitié manquante et suit l'axe et il atteint le monde des morts, ou bien il ignore la figure et Temes le dévore. Ces figures, les nahals, sont des sentiers, des entrelacs symétriques que les habitants apprennent à tracer de leur vivant. Ils représentent l'essence des choses familières, les êtres, les plantes et le cheminement de leur apparition dans l'existence. La seconde mort aboutit à une seconde naissance. La symétrie doit être restaurée pour découvrir une issue. « Les femmes n'apprennent jamais ces figures géométriques, et on ne nous dit pas ce qui se passe entre l'ogresse et elles. Quoi qu'il en soit, tous les fantômes se retrouvent devant deux arbres, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. De ces arbres, ils plongent dans la mer et nagent jusque dans l'autre monde.(23) »
 
 


Le chemin des morts vers Wies.
 
 
 
Chez les Maori de Nouvelle-Zélande, la spirale tatouée est « la clé de l'immortalité. La tradition Maori raconte comment l'âme, après la mort, rencontre un horrible esprit femelle qui, en dévorant ses spirales tatouées, lui dit : “Passe de Maura, terre des vivants, à Bouto, la terre des morts. ” Ensuite, elle confère à l'âme “la vision des esprits” en lui touchant les yeux. Si elle ne trouve pas de tatouages, elle mange les globes oculaires, et l'âme aveugle ne peut plus trouver l'immortalité.(24) »
La maîtrise de cette Energie spiralée reste la clé de l'immortalité, mais à l'acte magique qui peignait, qui tatouait, qui gravait cette image-symbole, se substitue la conscience de ce qu'est la manifestation de la vie.
La voie de l'hérédité ancestrale est greffée sur la voie de l'hérédité divine, l'homme étant pétri d'argile et du souffle divin. Au-delà de la roue du temps, au-delà des cycles de morts et de renaissances qu'entraîne la loi du karma, au-delà du monde astral, au-delà de l'illusion divine, de la Maya, la possibilité est donnée d'une Libération pour celui qui, à l'exemple du Bouddha, passe de la conscience empirique séparative à la claire conscience, à la Toute Conscience. Il peut arrêter la Roue, et revenir ensuite sur terre en toute justesse, si telle est sa vocation.
Celui là n'est plus alors emporté par le destin, terrifié par ses propres formes-pensées, écartelé entre les notions de bien et de mal, mais il vit l'instant, incarne la chose juste hors de toutes notions, de toutes croyances. La fin de l'expérimentation de la matière suppose non seulement l'extinction de tout désir, état appelé en Orient nirvana, mais l'extinction de l'extinction, l'abolition de la dualité samsara-nirvana, de la dualité matière-esprit ; état au-delà de tous les états d'être dont on ne peut rien dire.
Mais l’au-delà de la mort n’est-il pas résurrection depuis que le Christ est sorti vivant du tombeau ? Dans le Psautier de Marienthal la tête vieillie d'un Christ triste au regard vide apparaît au centre d'entrelacs inextricables qui sont comme les barreaux d'une prison ; mais le centre s'ouvre cependant en forme de mandorle, comme une porte à franchir vers la résurrection de celui qui semble encore dans la tombe.
 
 


Tête du Christ au centre d'un entrelacs.
Psautier de Marienthal, près de Zittau. Allemagne, XIIIe s. sp 99.
 
 
 

On peut voir le Christ crucifié à la jonction du Fil de chaîne et du Fil de trame, écartelé à la croisée des chemins. Dans le Psautier de Folchard il a le corps enveloppé dans le flux de deux bandelettes nouées qui l'enserre comme un cadavre et se reserrent sur lui comme un linceul.
Au contraire, la pierre tombale de Jellinge présente sur l'une de ses faces un homme aux bras horizontaux, comme crucifié, entouré de bandelettes entrelacées et de nœuds qui émanent de lui en un déploiement de vie.
 
 
Si l'on veut voir les processus mentaux comme prenant naissance dans le cerveau, on constate, en observant celui-ci, que les circonvolutions, les gyris (replis du cortex) sont elles aussi labyrinthiques. Ces méandres cellulaires sécrètent-ils seulement la pensée mentale ou ne sont-ils pas également récepteurs des Idées émises par la Source de la Vie pour ordonner continuellement le chaos en déployant le déterminisme caché sous cette apparence (25).
La forme du cerveau montre que le labyrinthe est aussi propre à représenter les huit étapes de la pensée dans la tradition indienne.

 
 
 
 
 


Vue dorsale du cerveau humain.
 
 

Le labyrinthe est donc multiforme et rend compte, comme tout symbole, de tous les niveaux que génère la vie, il « est donc à la fois le cosmos, le monde, la vie personnelle, le temple, la ville, l'homme, les entrailles de la Terre-Mère, les circonvolutions du cerveau, la conscience, le cœur, le pèlerinage, le voyage, la voie et le but (26). » Ceci du moins tant que l'au-delà des images n'est pas atteint car il n'y a plus alors véritablement ni chemin, ni but.
 
 
 
 


Manas-Chakra. Rajasthan, XVIIIe siècle.
 
 
 

De l'art du macramé dans la sortie du labyrinthe
 

« Au fil des jours
et devant ce qui se profile,
certains se défilent,
nombreux filent doux,
d'autres se faufilent
entre coups de fil
files d'attente ou défilés,
ceux qui filent du mauvais coton
et ceux qui les embobinent
de filatures en enfilades
de filiations en affiliations,
entre filous et filons,
le fil à retordre,
liens affectifs ou gorge nouée
jusqu'aux pieds et poings liés,
sans oublier
le fil des pensées
qui s'enchaînent et se trament
du Labyrinthe au grand Tissage
par Ariane ou les Parques
cela ne tiendra jamais qu'à un fil
filons donc...(27) »

 

 

(1)Voir RÉGOR : Du Cheminement initiatique imagé par Saint Roch et sa Vie exemplaire d'après les Enseignements d'Emmanuel - Ed. Les Amis du Désert, 1988.
(2) QUENEAU, René - Chêne et chien - Gallimard, Pléïade, t. II, p. 25.
(3) Basile Valentin explicite la devise V.I.T.R.IO.L. : Visita interiora terrae ; rectificando invenies occultum lapidem (Visite les entrailles de la terre ; tu y trouveras, en purifiant, la Pierre cachée).
(4) MONIN, Emmanuel-Yves - Conférence inédite - 1998.
(5) L'Instruction du Verseur d'Eau - Op. cit., p. 271.
(6) Ibidem, p. 175.
(7) L'enfer et le paradis - Conte japonais in - GOUGAUD, Henri - L'Arbre d'amour et de sagesse - Seuil, 1992, p. 156-157.
(8) L'Instruction du Verseur d'Eau - Op. cit., p. 174.
(9) DURCKHEIM, G. - Hara, centre vital de l'homme - Le Courrier du Livre, 1974, p.11.
(10) AZRIE, Abed - L'Epopée de Gilgamesh - Berg Internationnal, 1979 (Epoque Akkad, 2 700 av. J.-C.).
(11) Langue vernaculaire canaque de Maré, l'une des îles Loyauté de Nouvelle Calédonie.
(12) See Mary and Joseph, chanson de Joseph SPENCER - CD Negro Rhyming Spiritual des Iles Bahamas.
(13) Le Bardo Thödol : livre des Morts Tibétain - Librairie d'Amérique et d'Orient, 1979, p. 88.
(14) Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage - Op. cit., p. 275.
(15) BRION, Marcel - Art abstrait - Paris, 1956, p. 198.
(16) BLACKWOOD, B. - Both sides of Buka Passage - Oxford, 1935, p. 546-547.
(17) FAÏK-NZUJI, Clémentine M. - Symboles africains : lieu de recueillement et source de prière - Op. cit., p. 18.
(18) BARAHONA - Marcellino - La médecine des Indiens du Pérou - Thèse, Faculté de Médecine Paris-Nord, Bobigny, 1992, p. 10.
(19) Bayaka, Zaïre, in FAÏK-NZUJI, Clémentine M. - Symboles africains : lieu de recueillement et source de prière - Op. cit., p. 10.
(20) Ile de Pâques : à la rencontre du Mana - Op. cit., p. 40.
(21) Cité par Luis Pradenas CHUECAS - Musique des Araucans du sud Chili - Paris : mars 1995 - Brochure accompagnant le CD, Playa Sound PS 65149, 1995.
(22) KNIGHT, Jackson - Cumean Gates.
(23) DEACON, A. B. - Malekula - Londres, 1934.
(24) La Spirale mystique : le voyage itinérant de l'âme - Op. cit., p. 47.
(23) Bibliothèque collégial de Saint Gall, début du Psaume 52.
(24) Erigée vers 983 par Harald Gormssohn.
(25) Voir la découverte de la mathématique du chaos.
(26) La Spirale mystique : le voyage itinérant de l'âme - Op. cit.
(27) Alkiane LENGLET, extrait des écrits du « Café de la Plume », Montpellier, 1997.



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